L’histoire du pigeon voyageur
Quand nous tenons un stand lors des expositions, c’est le sujet qui arrête les visiteurs. Les plus jeunes découvrent qu’un oiseau a pu porter des messages sous le feu. Les plus âgés, eux, se souviennent : ils ont entendu ces histoires chez eux.
Pourquoi le pigeon plutôt qu’autre chose ?
Parce qu’il rentre. C’est toute la logique de la messagerie colombophile : on ne dit pas au pigeon où aller, on l’emporte loin de chez lui et on le libère. Il n’a qu’un seul objectif, retrouver son colombier, et il le poursuit sans qu’on ait à le lui demander. Un fil téléphonique se coupe, une radio s’intercepte. Un pigeon vole.
Les grandes étapes
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Antiquité
Les premiers messagers
Bien avant nos concours, le pigeon transporte déjà des messages autour de la Méditerranée et au Proche-Orient. On lui confie des annonces, des résultats, des ordres. Sa fiabilité en fait un outil de pouvoir.
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1870-1871
Le siège de Paris
Paris est encerclée et coupée du reste du pays. Des pigeons sont emportés hors de la ville par ballon, puis relâchés pour y revenir chargés de dépêches. Le photographe René Dagron met au point un procédé de microphotographie qui permet de réduire des milliers de messages sur de fines pellicules, transportables par un seul oiseau. C’est l’épisode fondateur de la colombophilie française.
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1914-1918
Les colombiers militaires
La Grande Guerre généralise l’usage militaire du pigeon. Des colombiers mobiles suivent les unités, les oiseaux relient les premières lignes aux états-majors quand les fils sont coupés. C’est de cette période que datent les figures de Vaillant à Verdun et de Cher Ami dans l’Argonne.
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1939-1945
La Résistance et le débarquement
Les pigeons servent à nouveau, notamment pour faire remonter des renseignements depuis les territoires occupés. Détenir un pigeon voyageur devient un acte grave aux yeux de l’occupant, et des colombophiles le paient de leur vie. Un monument à Lille rend hommage aux pigeons et à leurs éleveurs.
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Aujourd’hui
Le sport et la mémoire
La radio puis les télécommunications ont rendu le pigeon messager inutile. Restent le sport, avec les concours organisés d’avril à juillet, et la transmission de cette histoire, que notre club présente aux écoles et lors des expositions.
Deux pigeons dont on se souvient
Vaillant, fort de Vaux, juin 1916
Le fort de Vaux est assiégé pendant la bataille de Verdun. Coupée de tout, la garnison du commandant Raynal ne dispose plus que de ses pigeons pour donner de ses nouvelles. Vaillant emporte l’un des derniers messages et parvient au colombier, où il meurt peu après. Le fort tombera quelques jours plus tard.
Cher Ami, Argonne, octobre 1918
Un bataillon américain encerclé se retrouve sous le feu de sa propre artillerie, qui ignore sa position. Cher Ami est lâché avec le message donnant les coordonnées. Gravement touché en vol, il atteint tout de même sa destination et le tir cesse. Il sera décoré de la Croix de Guerre.
Et aujourd’hui ?
Le pigeon n’a plus de message à porter. Ce qui reste, c’est le sport, avec des concours qui mesurent exactement ce que l’armée exploitait : la capacité d’un oiseau à rentrer vite et de loin. Et il reste la mémoire, que nous essayons de transmettre.
Beaucoup de visiteurs restent surpris lorsqu’on évoque les distances parcourues par les pigeons voyageurs lors des concours d’aujourd’hui. D’autres, les anciens surtout, reviennent sur des souvenirs d’événements auxquels ils ont assisté, ou sur des anecdotes entendues du temps où le rôle du pigeon voyageur était de transmettre des messages.