Le pigeon voyageur
Lâchez un pigeon à 700 kilomètres de chez lui, dans un endroit où il n’a jamais mis les pattes. Il rentrera. Le soir même, s’il est bon. C’est un fait que la science constate depuis longtemps et qu’elle n’explique toujours pas entièrement.
Comment s’oriente-t-il ?
C’est la question que tout le monde nous pose, et la réponse honnête est qu’on ne sait pas complètement. Les chercheurs ont identifié plusieurs mécanismes qui interviennent ensemble, sans qu’aucun suffise à lui seul à rendre compte de ce que fait l’oiseau.
Le champ magnétique terrestre
Le pigeon dispose d’une sensibilité au magnétisme qui lui donne une forme de boussole interne. C’est l’hypothèse la mieux étayée pour expliquer comment il s’oriente là où il n’est jamais allé.
La position du soleil
Couplée à une horloge interne, elle lui permet de tenir un cap. Les pigeons lâchés par temps couvert mettent souvent plus de temps, ce qui va dans ce sens.
L’odorat
Des expériences ont montré qu’un pigeon privé d’odorat s’oriente moins bien. Il semble se construire une carte olfactive des vents dominants autour de son colombier.
La mémoire visuelle
Sur les derniers kilomètres, le pigeon reconnaît le paysage : une rivière, une ligne de crête, un clocher. C’est la phase finale, celle qui l’amène précisément à son toit.
Ces oiseaux gardent en eux une part de mystère que l’homme a encore beaucoup de mal à percer en totalité. C’est aussi ce qui fait tenir les colombophiles : chaque saison, on assiste à quelque chose qu’on ne sait pas expliquer.
Vitesse et distances en concours
Les épreuves auxquelles participe le club vont de 150 à 900 kilomètres. Les courtes distances sont couvertes en environ deux heures, les longues en une journée de vol. Le classement se fait à la vitesse moyenne, exprimée en mètres par minute, parce que chaque colombier se trouve à une distance différente du point de lâcher.
| Type d’épreuve | Distance | Durée de vol |
|---|---|---|
| Vitesse | 150 à 300 km | Environ 2 heures |
| Demi-fond | 300 à 500 km | Une demi-journée |
| Fond | 500 à 900 km | Une journée entière |
Durées indicatives, très dépendantes du vent, de la météo et de la forme des oiseaux.
Pigeon voyageur ou colombe ?
C’est le même oiseau. Ce que l’on appelle colombe lors d’un mariage est le plus souvent un pigeon voyageur blanc. La distinction qui compte n’est pas dans l’espèce mais dans l’élevage : un pigeon voyageur est entraîné et rentre chez lui, alors qu’une colombe d’ornement achetée pour l’occasion et lâchée en pleine nature ne sait ni se nourrir ni se mettre à l’abri.
C’est pour cette raison que nous insistons quand on nous interroge sur nos lâchers : nos oiseaux reviennent.
Nos lâchers de colombes à ToulouseUn athlète qu’on prépare
Un pigeon de concours ne s’improvise pas. Il se sélectionne sur plusieurs générations, s’entraîne par des lâchers progressifs de plus en plus éloignés, se nourrit selon des mélanges adaptés à la saison, et se soigne. Ce sont des athlètes, il nous appartient de leur apporter le plus grand soin.
Le colombier compte autant que l’oiseau : sec, aéré, calme, à l’abri des prédateurs. Un pigeon qui rentre mal rentre souvent parce qu’il n’a pas envie de rentrer.
Ce qu’on nous demande le plus souvent
Comment un pigeon voyageur retrouve-t-il son colombier ?
À quelle vitesse vole un pigeon voyageur ?
Quelle distance un pigeon voyageur peut-il parcourir ?
Quelle est la différence entre un pigeon voyageur et une colombe ?
Combien de temps vit un pigeon voyageur ?
Le pigeon voyageur est-il une race ?
Venez les voir de près
Le club accueille volontiers les curieux. Une visite de colombier vaut mieux que dix pages d’explications.